Kaporo-rails : expulsée après 40 ans,Nenen Bonga garde espoir en l’Etat 

Comme des mouches, invités gênants autour d’un repas, ils ont été chassés de leurs demeures avant de voir celles-ci s’écrouler en moins d’une minute. Le travail de toute une vie réduit en pierres en un laps de temps pour certains, pendant que d’autres voient leurs sources de revenus tomber en pierres comme un château de cartes.

Beaucoup déclarent n’avoir pas été prévenus que le déguerpissement tant médiatisé de Kaporo-Rails concernait aussi leur zone, celle comprise entre Prima center et la Radio Télébidon nationale. Pour eux ; seule la zone de Kipé 2 était concernée. Eh bien, ils n’auront pas attendu longtemps pour savoir que le gou-vainement les avait aussi à l’œil. Ils se sont réveillé la semaine dernière surpris de trouver des bulldozers et autres machines devant leurs portes prêts à  tout casser pour reprendre, dit-on le domaine de l’Etal Condébilika. Aujourd’hui, les habitants qui ont perdu leurs maisons et ont pu sauver leurs affaires dorment à la belle étoile, exposé à tous les dangers. 

Dans cette zone, seule l’école et quelques bâtiments restent encore debout. Le marché, source de revenus pour plusieurs familles n’a pas été épargné. Les femmes qui n’arrivent pas à vivre d’autre chose que de leur commerce restent toujours sur les lieux. Sans hangar pour les protéger du soleil et sans tables pour y mettre leurs marchandises, elles étalent ces dernières par terre. Parapluie sur la tête pour les protéger du soleil, elles sont dispersées ; certaines aux abords de la route et d’autres au milieu des ruines de maisons démolies en attendant de potentiels clients. Pour les amener à parler, il faut toute une dissertation car selon la plupart d’entre eux, ce n’est plus la peine vu que le mal est déjà fait.

Nènèn Bonga est la présidente des femmes du marché démoli de Kaporo-rails. Elle vit dans cette zone depuis près de 40 ans avec sa famille et revend du poisson fumé. En colère parce qu’elle ne sait plus à quel saint se vouer, elle accepte difficilement de nous parler tout en répétant le long de notre entretien que nous sommes les seuls à qui elle accepte de parler depuis le début de cette opéra-chion. «  Moi j’étais parti au Fouta pour le baptême de mon neveu, c’est de là-bas qu’on m’a appelé pour m’informer de la destruction. Ils m’ont dit que si j’étais là j’aurais parlé. Je leur ai répondu parler pour dire quoi ? puisqu’ils n’ont demandé aucun responsable et ont fait ça sans délai », commence-t-elle.

« S’ils avaient démoli seulement le marché sans toucher les maisons, nous aurions pu partir ailleurs et revenir mais vivre dans un endroit depuis 40 ans qu’on vient ensuite démolir, tu fais comment ? Donc nous on se confie à Dieu » laisse t’elle entendre la voix haute. Ses journées, elle les passe au marché à revendre ses poissons avec d’autres femmes. Les nuits depuis la démolition de sa maison, elle dort avec ses enfants et les voisins  dehors avec leurs affaires, une situation qui arrange bien de personnes malintentionnés. « …Nous dormons dehors la nuit. Avant-hier nuit, des jeunes sont venus nous trouver dehors entrain de dormir et ont volé l’argent d’une femme. Une a perdu une somme de 700.000gnf et une autre son téléphone avec le somme de 200.000francs… » Explique-t-elle.

« Si vous devez nous aider, aidez-nous à avoir une maison sinon nous souffrons vraiment. Aidez-nous et que Dieu nous aide aussi » a-t-elle fini par demander. Cette maman dort depuis quelques jours maintenant à Koloma en attendant la démolition de ce coin qui serait aussi touchée par ce déguerpissement, l’a-t-on entendu dire. Sur la question de savoir si elle est au courant de l’initiative d’aide au logement , elle répond que oui mais ne sait pas comment ça se passe ni qui sont ceux qui s’occupent de ça.

Elisabeth Zézé Guilavogui 

Publié par Lysa

Je suis passionnée de l'information et webjournaliste/presse écrite. L'information satirique avec de l'humour, c'est quelque chose que j'aime bien et que j'utilise pour informer. J'espère que la visite vous plaira, Bonne lecture

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