Carême : ce que vous ne savez pas sur le sujet!


Le temps de jeûne, comment le temps se choisit, les interdictions et qui doit jeûner ou pas, voici autant de choses que vous ne savez pas encore sur le temps de carême que vivent les chrétiens depuis le 17 février. Découvrez dans ce billet toutes les réponses à différentes questions que nous nous posons souvent. Questions répondues par Père Eugène Chérif, vicaire de la paroisse Notre-dame du mont Carmel de Labé lors d’un entretien.


D’où vient le mot carême ?


Le mot carême vient d’une expression latine, quadresima qui veut dire la quarantaine. Donc c’est par rapport au chiffre 40. C’est de là le mot tire son origine.


On jeûne 40 jours seulement parce que c’est le temps que Jésus a passé au désert entrain d’être tenté?


40 jours oui, allusion à la tentation de Jésus au désert mais aussi 40 jours, allusion aux 40 années passés pr le peuple d’Israël dans sa marche à travers le désert. Mais également 40 jours de marche du prophète Elie pour arriver à la montagne du Seigneur à l’Horeb donc le chiffre 40 est très symbolique pour l’église.


Le carême a souvent lieu entre février et Avril. Comment se fait ce choix?


C’est Pâques qui donne l’orientation par rapport au début de carême. Alors l’Église qui célèbre la fête de la résurrection, la Pâques, s’inscrit dans la dynamique du peuple juif. On sait que dans l’histoire, Jésus est mort pendant la fête de Pâques juive et donc l’église reste dans cette dynamique. C’est en fonction de cette date, de la période de la fête de la Pâques juive que l’église détermine aussi le temps de carême donc c’est pour cela c’est toujours entre Avril et Mars. Donc quand on célèbrera Pâques le 04, ça coïncidera à la Pâques juive.


Le carême catholique commence de quelle heure à quelle heure?


Par rapport au temps de pénitence, au temps de jeûne, il n’y a pas à dire je vais faire le jeûne de telle heure à telle heure parce que l’essentiel, ce n’est pas simplement de se priver mais de voir commennt je rentre en relation avec Dieu. La chronologie ne compte pas tellement. Cependant, on l’observe une fois que le jour commence le matin et jusqu’au coucher du soleil. Normalement, si on se prive, c’est de pouvoir se nourrir de la parole de Dieu, c’est ça l’essentiel. Ce n’est pas le temps, le moment, l’heure qu’on met, mais c’est ce que nous remplissons dans ce temps là… Il n’y a pas à dire non, il faut automatiquement que ce soit 19h ou à 18h45. Ça dépend de ta relation avec Dieu.


Contrairement nos frères musulmans, beaucoup disent que le carême n’est pas obligatoire. C’est vrai?


Ça c’est une prétention, une façon de parler et un laxisme religieux, spirituel qui est entrain de s’installer. C’est vrai que depuis une certaine période, l’église a essayé d’alléger dans l’histoire de sa marche cette pratique de la pénitence pendant la quarantaine. Cependant, on retient deux jours où c’est une obligation pour tout le monde. Ces deux jours c’est le mercredi des cendres et le vendredi saint donc ça s’impose à tout le monde. Cependant, les autres jours ça ne veut pas dire que non, tu peux jeûner ou ne pas jeûner. Parce que les gens disent que Jésus, quand on l’a posé la question, il a dit: est ce que les invités aux noces peuvent jeûner quand l’époux est avec eux? mais l’époux c’est le christ.

Quand est ce qu’on est plus avec l’époux? C’est quand nous ne sommes plus entrain de vivre dans la communion avec l’époux, donc quand nous sommes pécheurs, automatiquement il faut qu’on rentre dans cette démarche de reconnaissance de nos péchés et de demande de pardon pour nous réconcilier avec Dieu donc c’est tout le sens du jeûne chrétien. Donc on jeûne parce qu’on veut entrer dans cette dynamique de relation avec Dieu, on veut rétablir l’alliance rompue par le péché avec lui. Donc on ne peut pas dire non, ce n’est pas important. C’est une obligation. Le jeûne, la prière et l’aumône sont des piliers qui vont de pair. Le jeune fait partie du carême chrétien.


Pourquoi on ne doit pas consommer de la viande le vendredi?


Ça c’est en lien avec la mort du christ. Le christ est mort le vendredi et donc, on se prive de la viande en communion avec ce corps qui entre ce jour là dans ce tombeau et donc, qui va rejaillir le dimanche de la résurrection. Et cette interdiction c’est seulement pendant le temps de carême.


Quelles sont les autres interdictions pendant ce temps de carême ?


Comme c’est une démarche de pénitence pour nous réconcilier avec Dieu, ce qui est interdit c’est tout ce qui peut nous conduire au mal…ne pas faire le mal, ne pas insulter les autres… l’interdiction pendant ce temps de carême touche à tout ce qui peut nous séparer de Dieu, compromettre notre relation avec lui et notre relation avec nos frères et sœurs.


Que pensez vous de l’apparence physique des filles pendant ce temps de carême (habillement, coiffure…)?


Quand on regarde la bible, on voit par exemple le prophète Jonas envoyé au peuple de Ninive, quand il annonce chacun prend un habit de deuil pour se repentir et s’asseyait dans la cendre. Oui, tout ça là peut s’exprimer, ça peut évoquer ce désir d’humilité mais l’extravagance, il faut qu’on sorte de ça. Dieu nous demande aujourd’hui d’être sobre pendant ce temps de carême, d’être sobre par rapport à nos habillements, notre coiffure, notre alimentation, à tout ce que nous sommes entrain de faire.

Cependant, je le dis toujours, c’est pas le fait d’enlever les mèches, de ne pas porter les pantalons ou tel habit qui va montrer que tu es entrain de te repentir. Certes ça contribue, c’est un signe mais ce qui montre que tu es en train de te repentir réellement, c’est le cœur qui change et qui s’inscrit dans la dynamique du bien… pour le cœur quand on refuse cela, qu’est-ce que nous mettons à la place de ce renoncement? Est ce que c’est du fond de notre cœur? Est ce que c’est pour rentrer dans notre relation avec Dieu? L’essentiel n’est pas de regarder l’apparence parce que c’est ce que Dieu nous dit: << Ne déchirez pas vos vêtements, c’est de déchirer votre cœur>>.


Quel est votre message à l’endroit des fidèles chrétiens?


L’unique message que je peux faire passer à nos frères chrétiens, c’est de vivre ce temps dans la sincérité comme Jésus nous l’a dit. C’est dans le secret de notre cœur que nous pouvons rencontrer Dieu et Dieu, ce n’est pas l’apparence qu’il regarde, ce qu’il regarde c’est le cœur. Alors essayons de mettre à nu notre cœur devant Dieu, en déchirant notre cœur de toutes ces couvertures qui nous empêchent de vraiment vivre en harmonie ave lui, en harmonie avec nos frères et sœurs qui sont là. La haine, l’orgueil, la diffamation, l’égoïsme, on essaye de déchirer toutes ces couvertures pour que notre cœur puisse retrouver réellement sa pureté originelle parce que le temps de carême, c’est ce retour envers Dieu. Alors que nous puissions marcher dans la vérité, la sincérité pour rencontrer Dieu et rencontrer nos frères et sœurs.


Elisabeth Zézé Guilavogui

2020, tu as emporté nos étoiles !

Artistes décédés en 2020


Cette année aura été durement éprouvante pour le secteur culturel en Guinée. De Hadja Kadé Diawara à Beby Linsan, la Guinée a quasiment perdu des égéries dans le domaine de la musique et de la mode. Entraîné vers la faucheuse par des maladies qu’ils traînaient depuis un moment, le nouveau Coronavirus n’aura au moins pas eu le plaisir de nous les arracher.


Ils ornent désormais le ciel la nuit, brillant de tous leurs éclats pour nous permettre de pas les oublier, pour montrer combien nous tenons à eux et combien ils auraient aimé continuer avec nous.


2020, une bien triste année. Quand on nous disait donc Wonkhai 2020, c’était pour subir tout ça ?


Quand l’année débutait, nous ne nous attendions pas à ce cortège de malheurs: Coronavirus, décès, manifestations accompagnés de violence. Aujourd’hui, il faut se dire la vérité, 2020 est bien loin de tout ce qu’on pouvait imaginer.


Ces artistes décédés, quel hommage leur est rendu pour perpétuer leur œuvre? Il faut se dire que tous n’ont pas la chance de Kadé Diawara qui aura un album à titre posthume, de Mory Kanté dont le nom est attribué à l’ISAG de Dubréka ou encore d’Alpha’O qui pourra être célébré prochainement.


Il est temps que de leurs vivants, nos artistes prennent bien le soin de se valoriser. Que leurs chiffres d’affaires ne servent pas seulement à faire la belle vie, mais également à les épauler dans leur retraite. Car bon nombre de ces talents qui font la fierté de la Guinée finissent toujours par tirer le diable par la queue au soir de leur carrière.


Pour 2021 qui s’annonce, la meilleure action pour les artistes sera de représenter dignement la Guinée à l’international mais de pouvoir également tirer parti de cet honneur.


Elisabeth Zézé Guilavogui

Le 18 octobre, votons massivement ; votons utile !


Ce dimanche 18 octobre 2020, nous avons l’opportunité de changer l’histoire. Quelque soit notre ressentiment, notre colère, notre indignation contre ce système que nous voulons voir changer, ce qui doit primer c’est l’expression de notre voix à travers les urnes.


N’oublions pas ! Le 22 mars dernier, lors des élections législatives et du référendum, nous avons refusé de participer au vote pour ne pas être associés à la destruction de notre démocratie déjà fortement éprouvée. Pourtant sans nous, avec d’autres citoyens guinéens et d’autres moyens peu catholiques, les élections se sont faites.


Des gens ont été « élus » et ils nous représentent même sans notre voix. Une nouvelle constitution a été votée malgré nos maintes contestations, malgré nos morts. Notre constitution a été tripatouillée. Le pire, la constitution votée n’est pas celle qui s’est retrouvée devant nous, non ! Comme si ceux qui avaient perdu cette journée à aller voter et recueillir les voix n’avaient rien de mieux à faire.


Mais vous vous demandez pourquoi vous rappeler cela? Pour vous ancrer dans la tête qu’avec ou sans nous, cette présidentielle se fera. Alors autant voter non? De toute façon, nous n’avons rien à perdre.


Ce 18 octobre n’est pas seulement pour les candidats non. C’est surtout pour nous les votants car c’est nous qui donnons la valeur à cette journée. Appeler au boycott ne réussira pas. Cellou Dalein Diallo l’a compris et s’est d’ailleurs jeté dans la danse. A nous d’en faire autant.


Ce dimanche, n’allons pas seulement voter mais allons voter utile et intelligent, allons voter pour sanctionner ce régime s’il ne nous convient pas.


Évitons de voter bulletin nul pour ne pas donner la chance à des pratiques suspectes de s’accaparer nos voix pour en faire des voix gagnantes pour leur candidat.


Évitons d’aller voter fâchés contre un candidat pour ensuite cocher devant sa case croyant que nous votons bien.
Évitons de rentrer et sortir des urnes sans aucun choix.


Évitons de nous abstenir de voter juste parce qu’on se dit on connaît d’avance le gagnant. Croyez moi, ce 18 octobre risque de bien surprendre.
Pour cette présidentielle qui nous permettra de mettre en place notre 4ème république, prenons soin de consulter les programmes des différents candidats disponibles sur guineevote.org et pensons à leurs discours de campagne.


Prenons le temps de peser le pour et le contre de nos choix car celui qu’on choisira, on ne le choisira pas pour nous mais pour nos frères et sœurs qui grandissent, pour nos mamans et papas qui se battent pour qu’on vive même si c’est au jour le jour, pour nous même qui dans un futur proche devront fonder notre famille.


Prenons tout notre temps surtout pour réfléchir et comprendre que la Guinée nous appartient et que personne n’a le droit de nous manipuler pour avoir notre voix, que personne n’a le doit de nous monter contre notre voisin tout simplement parce qu’il ne partage pas notre idéologie politique.


Il y aura une République de Guinée après ce 18 octobre tout comme il y en a maintenant.


Ce 18 octobre, tout ce dont nous avons besoin, c’est de voter intelligemment et massivement. Récupérons nos cartes d’électeurs et faisons vibrer les urnes par notre choix quel qu’il soit.


Elisabeth Zézé Guilavogui

Indépendance de la Guinée : Instant hommage


APRÈS LES 62 ANS d’indépendance

Hassane Diaby, auteur


Je voudrais rendre hommage à tous nos soldats tombés à la guerre. Tous ces fils et filles du pays qui se sont battus pour un brillant avenir et qui ont fini par ployer sous le fardeau du chômage ou ont été fauchés par la mort dans leur bel âge.


Je voudrais rendre hommage à ces hommes qui ont peur de rentrer chez eux le soir, accablés par la honte parce qu’ils n’ont pu rien poser sur table pour le repas de leurs gosses.

Je voudrais rendre hommage à ces filles qui ne se seraient jamais vues se déshabiller sous la pluie des billets d’un Boss mais qui, quand Maman s’est retrouvée à l’hôpital pour des soins urgents, n’ont pas senti un autre choix s’offrir à elles que de ravaler leur fierté et coucher leur dignité pour plusieurs liasses de papiers.


Je voudrais rendre hommage à ces aînés qui longtemps ont été des repères par leurs résultats scolaires et qui aujourd’hui, en réunion familiale, demandent autorisation à leurs cadets avant de prendre parole parce que dans leurs familles, c’est l’argent qui confère l’aînesse. La vie est triste, la vie est mystère, les cancres s’en sortent et les brillants leur cirent les souliers.


Je voudrais rendre hommage à toutes ces femmes qui ont refusé d’être à la solde d’un homme au foyer, ces femmes qui longtemps se sont battues, ont privilégié leurs carrières et qui aujourd’hui, célibataires, doivent justifier aux rares hommes qui ne se laissent pas décourager par le poids de leurs diplômes, qu’elles sont bonnes mais qu’elles n’avaient juste pas le temps pour l’amour.

Hommage à toutes ces femmes qui doivent faire profil bas plus que toutes les autres, pour ménager l’ego complexé de leurs hommes parce que leurs salaires font trois fois ceux de leurs maris. C’est dur de serrer les dents à en avoir mal, parce qu’en lui ripostant, Monsieur ne se sentirait plus mâle.


Je voudrais rendre hommage à tous ces jeunes hommes et ces jeunes femmes qui noient leurs soucis dans l’alcool, la cigarette et la drogue qui luttent contre l’insomnie à coups de Valium.

Je voudrais rendre hommage à ces grands frères et grandes soeurs qui se sont faits pères et mères très tôt, pour remplacer leurs parents absents parce que morts. Ces aînés qui, par amour pour leur fratrie se levaient les premiers pour ne se coucher que les derniers. La vie vous a très tôt arrachée votre insouciance. Vous êtes devenus adultes avant même de jouir des privilèges de l’adolescence. Je prie le ciel d’être clément, d’entendre les pleurs de vos prières et de couronner vos sacrifices de succès.


Hassane Diaby

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