​Célébration du  08 mars: de la mamaya pour rien

Le 08 Mars, l’humanité a célébré la femme. En Guinée, au niveau gouvernemental, c’est une grande mamaya au mythique palais du peuple qui a marqué l’évènement alors que d’autres organisations se sont retrouvés pour discuter des problèmes et apporter des solutions pour que cette fête mérite vraiment d’être célébrée. 

Dans des pagnes locaux faits par les femmes du pays, les damoiselles et les madames se sont promenées dans la ville, direction le palais du peuple où avec le Fama et le ministère de l’inaction sociale, de la promotion féminine et de l’enfance elles allaient célébrer cette journée internationale. Pour cette mamaya,  ce sont des millions de nos francs glissants qui ont été déboursé, déboursé pour être utilisé à danser dans le faste et promouvoir une révision de la constitution à travers certaines dames venues de je ne sais où.

Au lieu de profiter de cette seule journée qui leur est dédiée pour parler des maux qui les assaillent, beaucoup se sont faites manipuler au point de politiser cette fête. Des violences faites aux femmes, rien a été dit ; de toutes les difficultés qu’elles rencontrent dans la vraie vie ou de leur faible représentativité au sein du gou-vainement de ce bled, nada. 

Sur le fait d’ailleurs de politisation, beaucoup pointent du doigt Koro et ses a-côtés sauf que moi je les blanchis. Oui je les blanchis parce qu’à ce que je sache, personne n’a été forcée. Les quelques billets ont fait l’affaire et ils n’ont forcé personne vraiment. Elles auraient pu les prendre et ne rien faire non ?

Il faut que ce bled change mais il ne changera pas sans nous, c’est à dire sans que nous même ne changions car c’est nous qui construisons ce pays. C’est pourquoi pour y arriver, nous devons surtout miser sur la jeune génération de filles et femmes qui, au lieu de préférer faire dans la mamaya optent pour le concret. Pensée à toutes celles qui ont célébré le 08 Mars autrement et loin du palais: je pense entre autres au CJFLG, le CEJEFI-BALIG, Guinéenne du 21ème siècle, le site http://www.femmetalent.com ou encore les Amazones de la Presse Guinéenne.

Elisabeth Zézé Guilavogui 

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​Bambéto: Place aux propriétaires (déchets plastiques) après la mamaya

Samedi 2 mars, le gou-bernement comme à son habitude s’est pointé sur les artères de Con-à-cris pour sa mamaya habituelle, l’assainissement. Près de la mosquée Turque non loin du grand rond-point de Bam-ghetto traîne encore pourtant un tas d’immondices. 

A l’évidence, l’Etal n’est pas passé par là ; ou s’il y est passé, c’est seulement comme un fantôme. Notre hypothèse est d’ailleurs confirmée par Cas-marrant Mohamed La-mine qui tient un contenair de déchets plastiques juste à côté. « …Samedi passé, l’Etat est venu pour prendre les ordures mais ils ne l’ont pas finalement pris. Ils ont juste repoussé les ordures qui jonchaient le trottoir… » Fait savoir le jeunot. La place où se trouvent les ordures se résume à un espace entre la moche-queue de Bam-ghetto et un petit garage et la route le Prince. En regardant de plus près, l’on se rend aisément compte que les ordures ont bien été repoussées de plusieurs mètres. Le bac à ordures quant à lui est plein et n’a pas été vidé depuis plus de trois semaine apprend-on.  Pourquoi ? L’on se demande puisque aux dires de Mohamed La-mine, il y avait un bulldozer et des machines devant transporter ces déchets plastiques ce jour-là devant cette décharge anciennement situé au camp carrefour de Cosa.

Au milieu de ces ordures auxquels les citoyens ont mis feu, deux jeunots sont entrain de ramasser tout ce qu’ils peuvent comme déchets plastiques et les fourrent dans un sac. Le plus âgé porte un pantalon noir, sale et déchiré a plusieurs endroits ; sa chemise a la même couleur que son pantalon ; sa tête, quant à elle porte des cheveux aux allures dorés. Le plus petit est un peu plus propre et ne s’aventure pas dans ses fouilles comme le premier. Entre ce tas d’ordures fumant et le bac d’ordures mis là pour recevoir les déchets aujourd’hui par terre, ces jeunes travaillent sans aucune protection. Ils n’ont pas de bottes ni de gants, encore moins un cache-nez. Pourtant, travaillant bénévolement au compte d’un gros-jet RAMCIPLAST (Ramassage Citoyen des déchets Plastiques) coordonné par Mohamed La-mine Cas-marrant, ce dernier affirme les avoir procuré du matériel de protection. « Ceux-là ils ne comprennent pas. On leur envoie des gants, des cache-nez pour qu’ils travaillent dans la protection mais même si on les donne aujourd’hui, demain ils vont enlever… Chaque matin que nous venons ici, nous leur demandons de prendre ça pour leur protection mais ils ne comprennent pas » explique le coordinateur du gros-jet.

Après papotage avec lui, nous nous retournons pour discuter avec l’un de ses bénévoles. Mais apparemment, ceux-ci ont filé en douce pendant que leur manguè était en train de gesticuler. Nous revenons finalement vers ce dernier. La vingtaine, Mohamed La-mine sollicite un chant-je-ment de mentalité pour du résul-tard sur le terrain. «  Ils ont installé un container pour les ordures ici maintenant si c’est plein d’ordures ils n’ont qu’à venir le vider. Mais si le container est plein et que les gens viennent le trouver ainsi, ils vont mettre les ordures par terre ou rajouter sur ce qu’il y a dans le bac et ça finira par tomber. C’est pourquoi vous voyez des ordures par terre, ils ne viennent pas vider le bac… Il faut qu’il y ait une sensibilisation à tous les niveaux et dans toutes les langues même celles locales par rapport aux dangers de ces ordures » finit par demander le jeune Cas-marrant.

Elisabeth Zézé Guilavogui 

Kaporo-rails : expulsée après 40 ans,Nenen Bonga garde espoir en l’Etat 

Comme des mouches, invités gênants autour d’un repas, ils ont été chassés de leurs demeures avant de voir celles-ci s’écrouler en moins d’une minute. Le travail de toute une vie réduit en pierres en un laps de temps pour certains, pendant que d’autres voient leurs sources de revenus tomber en pierres comme un château de cartes.

Beaucoup déclarent n’avoir pas été prévenus que le déguerpissement tant médiatisé de Kaporo-Rails concernait aussi leur zone, celle comprise entre Prima center et la Radio Télébidon nationale. Pour eux ; seule la zone de Kipé 2 était concernée. Eh bien, ils n’auront pas attendu longtemps pour savoir que le gou-vainement les avait aussi à l’œil. Ils se sont réveillé la semaine dernière surpris de trouver des bulldozers et autres machines devant leurs portes prêts à  tout casser pour reprendre, dit-on le domaine de l’Etal Condébilika. Aujourd’hui, les habitants qui ont perdu leurs maisons et ont pu sauver leurs affaires dorment à la belle étoile, exposé à tous les dangers. 

Dans cette zone, seule l’école et quelques bâtiments restent encore debout. Le marché, source de revenus pour plusieurs familles n’a pas été épargné. Les femmes qui n’arrivent pas à vivre d’autre chose que de leur commerce restent toujours sur les lieux. Sans hangar pour les protéger du soleil et sans tables pour y mettre leurs marchandises, elles étalent ces dernières par terre. Parapluie sur la tête pour les protéger du soleil, elles sont dispersées ; certaines aux abords de la route et d’autres au milieu des ruines de maisons démolies en attendant de potentiels clients. Pour les amener à parler, il faut toute une dissertation car selon la plupart d’entre eux, ce n’est plus la peine vu que le mal est déjà fait.

Nènèn Bonga est la présidente des femmes du marché démoli de Kaporo-rails. Elle vit dans cette zone depuis près de 40 ans avec sa famille et revend du poisson fumé. En colère parce qu’elle ne sait plus à quel saint se vouer, elle accepte difficilement de nous parler tout en répétant le long de notre entretien que nous sommes les seuls à qui elle accepte de parler depuis le début de cette opéra-chion. «  Moi j’étais parti au Fouta pour le baptême de mon neveu, c’est de là-bas qu’on m’a appelé pour m’informer de la destruction. Ils m’ont dit que si j’étais là j’aurais parlé. Je leur ai répondu parler pour dire quoi ? puisqu’ils n’ont demandé aucun responsable et ont fait ça sans délai », commence-t-elle.

« S’ils avaient démoli seulement le marché sans toucher les maisons, nous aurions pu partir ailleurs et revenir mais vivre dans un endroit depuis 40 ans qu’on vient ensuite démolir, tu fais comment ? Donc nous on se confie à Dieu » laisse t’elle entendre la voix haute. Ses journées, elle les passe au marché à revendre ses poissons avec d’autres femmes. Les nuits depuis la démolition de sa maison, elle dort avec ses enfants et les voisins  dehors avec leurs affaires, une situation qui arrange bien de personnes malintentionnés. « …Nous dormons dehors la nuit. Avant-hier nuit, des jeunes sont venus nous trouver dehors entrain de dormir et ont volé l’argent d’une femme. Une a perdu une somme de 700.000gnf et une autre son téléphone avec le somme de 200.000francs… » Explique-t-elle.

« Si vous devez nous aider, aidez-nous à avoir une maison sinon nous souffrons vraiment. Aidez-nous et que Dieu nous aide aussi » a-t-elle fini par demander. Cette maman dort depuis quelques jours maintenant à Koloma en attendant la démolition de ce coin qui serait aussi touchée par ce déguerpissement, l’a-t-on entendu dire. Sur la question de savoir si elle est au courant de l’initiative d’aide au logement , elle répond que oui mais ne sait pas comment ça se passe ni qui sont ceux qui s’occupent de ça.

Elisabeth Zézé Guilavogui 

​Éducation: les gens-saignants contrats-actuels usés crèvent aussi

Ils étaient nombreux à répondre à l’appel du gou-bernement de Don-kass. Mais c’était sans demander à leurs aînés du Syndicat Libre des Enseignants Chercheurs de Guinée (SLECG) pourquoi ceux-ci grevaient malgré l’apparente bonne foi de l’Etal. Eh bien, ils l’auront appris à leurs dépens puisqu’ils sont maintenant entrain de mani-pester aussi parce qu’ils ne seront pas engagés dans la fonction publique devant leurs frères sans passer par un test. 

 À lire aussi: https://somboryinfos.wordpress.com/2018/11/14/slecg-vs-gou-bernement-on-attend-la-fin-du-match/?preview=true
Qui sème le vent récolte la tempête a t-on l’habitude de dire. Il faut dire que ce proverbe colle bien avec la situation des gens-saignants contrats-actuels de Guinée. Les gars étaient confiants en eux comme Tchala de Black Panther et ont cru qu’en répondant à l’appel de détresse du gou-vainement, ils seraient récompensé à leur juste valeur le moment venu. C’était soit mal connaître les auto-risées du pays,  soit espérer qu’avec eux, ils changeraient vu leur apport… Comme si on pouvait apprendre au chien à changer sa façon de s’asseoir. 

Crédit photo : guineematin

Dans ce bled, une crise en couve toujours une autre. En essayant de résoudre la crise des enseignants avec le SLECG, le gouvernement à travers son Ministère de l’Enseignement National et de l’Aphabétisation (MENA) a fait « semblant » d’ignorer ceux qui l’ont aidé quand ça allait mal. Qu’ils aient eu ou pas le niveau ou l’expérience nécessaire pour réussir à satisfaire leurs employeurs, il faut quand même reconnaître que leur engagement et leurs motivations n’égalaient même pas un homme présent au front en train de combattre l’ennemi. Pour ne serait ce que cet « acharnement » au travail, ils auraient dû mériter un sort un peu plus heureux. 

Résultat ? Ces contractuels hier en classe sont ensuite descendu dans la rue (une habitude pour le guinéen pour réclamer ses droits) pour réclamer leur engagement à la ponction publique sans délai ni concours. Certains n’auraient même pas reçu leurs primes de trois mois d’activités. Pendant ce temps, leurs frères sont aujourd’hui dans les salles. 

Il faudrait que ce bled sorte un peu de cette habitude, celle de régler un problème en en créant d’autres. Cela doit faire plus de quatre ans que des crises secouent régulièrement le système éducatif. Pourquoi depuis tout ce temps aucune solution efficace n’a été trouvé ? Qu’est ce qui cloche ? C’est à se demander si cela plaît aux autorités de ce ministère qu’ils restent négativement sous le feu des projecteurs ou si la situation ne profite pas à certaines personnes.

Se retrouver autour de la table pour (encore) négocier et régler une bonne fois pour toute ces crises intestines serait la meilleure chose à  faire oui et pour cela, ces contrats-actuels ont quitté la rue pour disent-ils, laisser une marge de manoeuvre à l’Etal après discussion avec le sinistre de l’en-saignement et l’inspecteur de l’éducation. Même si je crois que c’est parce qu’ils ont assez goûté au gaz lacrymogène qui leur a offert en prime des blessés et de nouveaux locataires pour les farces de désordre. 

C’est bien beau de donner une chance à  ce gouvernement pour réparer ça sauf qu’il faut garder à l’esprit qu’il essaie (et réussit) toujours à nous berner. Les crévistes devraient demander conseils à leurs frères afin de pas se faire avoir comme les autres. En attendant, je me demande quand est ce que nous allons arrêter d’entretenir les crises dans ce pays afin de les régler définitivement ? J’attends cette réponse mais en attendant, je reste sceptique mais dépitée encore.

Elisabeth Zézé Guilavogui 

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