Le 18 octobre, votons massivement ; votons utile !


Ce dimanche 18 octobre 2020, nous avons l’opportunité de changer l’histoire. Quelque soit notre ressentiment, notre colère, notre indignation contre ce système que nous voulons voir changer, ce qui doit primer c’est l’expression de notre voix à travers les urnes.


N’oublions pas ! Le 22 mars dernier, lors des élections législatives et du référendum, nous avons refusé de participer au vote pour ne pas être associés à la destruction de notre démocratie déjà fortement éprouvée. Pourtant sans nous, avec d’autres citoyens guinéens et d’autres moyens peu catholiques, les élections se sont faites.


Des gens ont été « élus » et ils nous représentent même sans notre voix. Une nouvelle constitution a été votée malgré nos maintes contestations, malgré nos morts. Notre constitution a été tripatouillée. Le pire, la constitution votée n’est pas celle qui s’est retrouvée devant nous, non ! Comme si ceux qui avaient perdu cette journée à aller voter et recueillir les voix n’avaient rien de mieux à faire.


Mais vous vous demandez pourquoi vous rappeler cela? Pour vous ancrer dans la tête qu’avec ou sans nous, cette présidentielle se fera. Alors autant voter non? De toute façon, nous n’avons rien à perdre.


Ce 18 octobre n’est pas seulement pour les candidats non. C’est surtout pour nous les votants car c’est nous qui donnons la valeur à cette journée. Appeler au boycott ne réussira pas. Cellou Dalein Diallo l’a compris et s’est d’ailleurs jeté dans la danse. A nous d’en faire autant.


Ce dimanche, n’allons pas seulement voter mais allons voter utile et intelligent, allons voter pour sanctionner ce régime s’il ne nous convient pas.


Évitons de voter bulletin nul pour ne pas donner la chance à des pratiques suspectes de s’accaparer nos voix pour en faire des voix gagnantes pour leur candidat.


Évitons d’aller voter fâchés contre un candidat pour ensuite cocher devant sa case croyant que nous votons bien.
Évitons de rentrer et sortir des urnes sans aucun choix.


Évitons de nous abstenir de voter juste parce qu’on se dit on connaît d’avance le gagnant. Croyez moi, ce 18 octobre risque de bien surprendre.
Pour cette présidentielle qui nous permettra de mettre en place notre 4ème république, prenons soin de consulter les programmes des différents candidats disponibles sur guineevote.org et pensons à leurs discours de campagne.


Prenons le temps de peser le pour et le contre de nos choix car celui qu’on choisira, on ne le choisira pas pour nous mais pour nos frères et sœurs qui grandissent, pour nos mamans et papas qui se battent pour qu’on vive même si c’est au jour le jour, pour nous même qui dans un futur proche devront fonder notre famille.


Prenons tout notre temps surtout pour réfléchir et comprendre que la Guinée nous appartient et que personne n’a le droit de nous manipuler pour avoir notre voix, que personne n’a le doit de nous monter contre notre voisin tout simplement parce qu’il ne partage pas notre idéologie politique.


Il y aura une République de Guinée après ce 18 octobre tout comme il y en a maintenant.


Ce 18 octobre, tout ce dont nous avons besoin, c’est de voter intelligemment et massivement. Récupérons nos cartes d’électeurs et faisons vibrer les urnes par notre choix quel qu’il soit.


Elisabeth Zézé Guilavogui

Indépendance de la Guinée : Instant hommage


APRÈS LES 62 ANS d’indépendance

Hassane Diaby, auteur


Je voudrais rendre hommage à tous nos soldats tombés à la guerre. Tous ces fils et filles du pays qui se sont battus pour un brillant avenir et qui ont fini par ployer sous le fardeau du chômage ou ont été fauchés par la mort dans leur bel âge.


Je voudrais rendre hommage à ces hommes qui ont peur de rentrer chez eux le soir, accablés par la honte parce qu’ils n’ont pu rien poser sur table pour le repas de leurs gosses.

Je voudrais rendre hommage à ces filles qui ne se seraient jamais vues se déshabiller sous la pluie des billets d’un Boss mais qui, quand Maman s’est retrouvée à l’hôpital pour des soins urgents, n’ont pas senti un autre choix s’offrir à elles que de ravaler leur fierté et coucher leur dignité pour plusieurs liasses de papiers.


Je voudrais rendre hommage à ces aînés qui longtemps ont été des repères par leurs résultats scolaires et qui aujourd’hui, en réunion familiale, demandent autorisation à leurs cadets avant de prendre parole parce que dans leurs familles, c’est l’argent qui confère l’aînesse. La vie est triste, la vie est mystère, les cancres s’en sortent et les brillants leur cirent les souliers.


Je voudrais rendre hommage à toutes ces femmes qui ont refusé d’être à la solde d’un homme au foyer, ces femmes qui longtemps se sont battues, ont privilégié leurs carrières et qui aujourd’hui, célibataires, doivent justifier aux rares hommes qui ne se laissent pas décourager par le poids de leurs diplômes, qu’elles sont bonnes mais qu’elles n’avaient juste pas le temps pour l’amour.

Hommage à toutes ces femmes qui doivent faire profil bas plus que toutes les autres, pour ménager l’ego complexé de leurs hommes parce que leurs salaires font trois fois ceux de leurs maris. C’est dur de serrer les dents à en avoir mal, parce qu’en lui ripostant, Monsieur ne se sentirait plus mâle.


Je voudrais rendre hommage à tous ces jeunes hommes et ces jeunes femmes qui noient leurs soucis dans l’alcool, la cigarette et la drogue qui luttent contre l’insomnie à coups de Valium.

Je voudrais rendre hommage à ces grands frères et grandes soeurs qui se sont faits pères et mères très tôt, pour remplacer leurs parents absents parce que morts. Ces aînés qui, par amour pour leur fratrie se levaient les premiers pour ne se coucher que les derniers. La vie vous a très tôt arrachée votre insouciance. Vous êtes devenus adultes avant même de jouir des privilèges de l’adolescence. Je prie le ciel d’être clément, d’entendre les pleurs de vos prières et de couronner vos sacrifices de succès.


Hassane Diaby

On a que ce que l’on mérite ?


Depuis l’annonce du 1er cas de Coronavirus en Guinée, je me rends pour la 1ère fois ce mardi au centre-ville (Kaloum) où je dois récupérer des documents pour mon thème de mémoire que je dois soutenir prochainement. Les multiples informations sur la covid-19 m’effraient, c’est vrai. Je me lave bien les mains avant de sortir tout en restant inquiète et en me demandant si je ne vais pas côtoyer sans le savoir un porteur du virus mais bon, il faut quand même que je sorte.

Bus privé


7h me trouve donc déjà entrain de chercher à rallier la ville. J’habite à moins de 2km du km36 donc chez moi les bus gratuits d’Albayrak (société de transport actuelle qui fait le « gratuit » ) n’existent pas. Avec un embouteillage dans le pont de Kountia ( causé par un minibus qui se serait écarté du chemin), je trouve un minibus qui me dépose à Madina. Eh oui, le blé se fait rare donc on fait avec nos maigres moyens. Confortablement installée dans la cabine avec le chauffeur pour seul compagnon, je fais un tour sur les réseaux sociaux le temps que j’arrive à destination.


Il est 9h quand jarrive à Madina où un autre minibus que j’emprunte va me déposer au marché Niger. Je profite pour déjeuner avant de me rendre à mon rendez-vous. A la SEG (Société des Eaux de Guinée) ou je me rends, je poiroterdeux bonnes heures pour avoir satisfaction. Avant de rentrer, je fais un détour dans mon ancien lieu de stage pour saluer.


Il est donc 15h quand je me prépare à quitter la ville. Voulant faire des économies, je me rends au port pour emprunter un bus « gratuit » pour le trajet jusqu’à Dabompa ou je dois passer saluer un de leurs contrôleurs opéré. La longue file d’attente que j’y trouve ne me fait même pas tergiverser: je dois trouver un autre moyen pour rentrer au plus vite.


Je monte dans le 1er bus privé qui vient et m’installe en attendant le billeteur. Vêtu d’une chemise bleue et d’un pantalon kaki mais qui tient plus de chocolat maintenant (comprendra qui pourra), il est de taille moyenne et de teint clair. A la question de savoir le prix du trajet jusqu’à Dabompa, il me répond les yeux sur son argent: »huit mille ». Je paie sans rien dire et mets mon sac sur la 2ème place sûre que je n’aurai pas de compagnie. Mais c’est mal connaître le guinéen.

Intérieur du bus


Le bus se remplit peu à peu et je suis étonnée de voir les gens s’asseoir deux à deux et même… certains s’arrêter. Je reste calme jusqu’à ce qu’un passager me demande s’il peut prendre place. C’est un autre voisin qui réponds à ma place: << elle a payé deux places go>>. Le gars répond juste: « ah daccord ».
C’est le moment que choisit le portier pour me demander de laisser l’autre s’installer pour pas qu’il reste arrêté. << le transport c’est combien? J’ai payé pour deux personnes donc je n’accueille personne >>, c’est tout ce que je réponds avant d’essayer de me concentrer sur mon téléphone. Ne voulant pas lâcher, il insiste en me demandant soit d’accepter ou de descendre. Ma réponse ne se fait pas attendre. J’accepte de descendre s’il me rend mon transport ou je m’assois seule.


Puisque les habitudes ont la peau dure chez nous, tous mes voisins me demandent de laisser tomber même si j’ai raison vu que c’est une personne âgée qui veut s’asseoir. J’accepte finalement pour ne pas être traitée de tous les mauvais noms et essaie de rester calme en écoutant de la musique. Arrivée à Madina, les passagers continuent de monter et les gens commencent à occuper le milieu.


Les jeunes qui m’ont demandé plus tôt de laisser tomber s’énervent. L’un deux se lève et va réclamer son argent au portier. << Ne le faites pas dhè, laissez tomber. Pardonnons à cause de Dieu, on a pas le choix, c’est ce que vous m’avez dit non >> ai je envie de répliquer, mais je prends sur moi et les écoute. Ces échanges virent presque à la dispute quand le contrôleur décide d’intervenir.


Essayant de ramener le jeune homme à la raison, il déclare que le bus ne peut pas rouler vide tant que il y’a des places assises. << Ça ne nous dérange pas mais du moment où on paye 8000, qu’on accepte que quelqu’un d’autre s’asseye à côté de nous, on peut pas accepter qu’ils s’arrêtent>>, répond le jeune surchauffé avant de jouer le rôle du portier jusqu’à l’aéroport où il descend. La discussion devient chaude et tous les passagers expriment leur mécontentement.


Pour sa défense, le contrôleur qui se révèle être un ancien de la société de transports de Guinée (Soguitrans, Soguitrag, Sotragui… oui oui, tout ça) accuse l’État. << Ils ont investi six milliards pour que le transport soit gratuit. Il ya plus de 100 bus mais il n’y a même pas 20 qui circulent maintenant et beaucoup des travailleurs de ces bus sont au chômage…>>, s’énerve t-il. Des répliques, il y en a et elles ne tardent pas.


<< On va se comparer! on va se comparer! au lieu que l’Etat investisse six milliards de francs dans des bus qui bougent pas, c’était mieux de diminuer le carburant à 5mille. Là tout le monde aurait bénéficié même le paysan. Ceci n’est pas un bus public donc c’est nous qui fixons les règles. Il n’y a pas de loi dans ce pays. Il faut qu’on se pardonne seulement >> répond t-il aux répliques avant de raconter sa vie de frustré. Vous avez sûrement dû déjà deviné les répliques.


La discussion se poursuit et un accord est trouvé quand nous atteignons Yimbaya : seules les places assises seront occupés.


Moi je délaisse déjà la conversation pour réfléchir au futur de ce bled où les lois sont totalement bafouées. Oui totalement car sinon, comment expliquer qu’aucun policier le long de l’autoroute n’ait pu arrêter un bus de plus de 50 personnes où certaines étaient sans bavettes? Car oui à Madina nous avons dépassé un groupe de policiers en pleine route qui avait barré la voie à un camion.


Comment expliquer que les décisions du chef de l’État, première autorité soient foulées au sol au vu et au su de tous ?


Comment justifier surtout la résignation du populo guinéen face à certaines situations ?


Pour ma part, s’il y’a des choses que j’ai bien comprises aujourd’hui, c’est que on est loin de voir le bout du tunnel tant que les lois ne primeront pas sur toute chose, tant que nos pardons nous mettront dans des situations inconfortables au point de mettre nos vies à danger. J’ai aussi compris qu’il est facile de de demander pardon aux autres des situations que nous, nous ne tolérerons pas.


J’ai surtout appris une chose, notre pauvreté et notre malheur, nous le méritons car nous ne nous bougeons pas encore pour faire changer les choses mais attendons que les autres le fassent à notre place.


Réveillons nous bon sang !!!!

Elisabeth Zézé Guilavogui

Coronavirus en Guinée: l’état d’urgence sanitaire prolongé jusqu’au 15 mai, le port de masques communautaires obligatoires

Déclaration du Président de la République sur de nouvelles mesures contre le COVID-19 en Guinée

Mesdames et Messieurs,

L’épidémie du COVID-19 qui a touché de nombreux pays du monde depuis décembre dernier a pris une allure inquiétante dans notre pays. Mon Gouvernement a déjà pris des mesures depuis la détection des premiers cas le 12 mars 2020. Il me revient de constater que certaines de ces mesures ne sont pas respectées. L’heure est au patriotisme national par tous. Chacun de nous est responsable de l’application de ces mesures.

Face à l’augmentation rapide du nombre de cas ces jours-ci à Conakry et aussi à la détection de nouveaux cas dans certaines préfectures de la Guinée (Boké, Labé, Faranah et Telimélé), la prise de mesures additionnelles de renforcement de l’État d’urgence me semble impérieuse pour freiner la propagation du COVID-19 avant que la situation ne soit débordante pour nous tous.

Mesdames et Messieurs,

Cette épidémie a envahi l’Afrique. L’OMS a prédit que pour les pays africains économiquement faibles, en l’absence de mesures rigoureuses de RIPOSTE contre cette pandémie, les conséquences seront désastreuses.

C’est pour cela que je vous annonce les mesures additionnelles suivantes de renforcement de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 15 mai, renouvelables :

  1. Prolongation des dispositions antérieures, particulièrement :  la fermeture des écoles, des frontières, des lieux de cultes, et des bars ; la limite des rassemblements comme les cérémonies de mariage, les baptêmes et les funérailles à moins de 20 personnes; le couvre-feu de 21:00 à 5:00 pour ne citer que quelques-unes.
  2. Le transfert des corps entre les préfectures demeure interdit. Pour les corps en provenance des pays étrangers, une présentation d’un certificat attestant un test NÉGATIF au COVID-19 est exigé. Dans le cas contraire le transport du corps sera interdit. L’enterrement digne et sécurisé de tous les corps testés positifs au COVID-19 sera assuré par la Croix Rouge Guinéenne et le service de protection civile.
  3. Les sorties de Conakry restent soumises à la vérification stricte du statut infectieux du demandeur par un test. La sortie de tout contact est interdite pendant les 21 jours de suivi. Tout contrevenant recevra une sanction disciplinaire.
  4. Le port de masque communautaire ou bavette est maintenant OBLIGATOIRE pour tout citoyen à compter de samedi le 18 avril 2020. Tout contrevenant sera empêché de circuler et une taxe de désobéissance civile de 30000 FG sera infligée.
  5. J’invite toutes les entreprises du secteur privé et public, tous les départements ministériels, les ONG nationales et internationales, à prendre les dispositions pour fournir des masques à leurs travailleurs avant le samedi 18 avril 2020. 
  6. Je demande aux forces de défense et de sécurité d’être les premières à montrer l’exemple à la population lors des contrôles.
  7. J’invite le Ministère des Affaires Sociales et de la Promotion Féminine, le Ministère de la Défense Nationale ainsi que tous les propriétaires de centres de couture, à se mobiliser dans la fabrication de masques locaux. La vente de ces masques est fixée à un prix n’excédant pas 2500 FG (deux mille cinq cent), afin que l’ensemble de la population guinéenne puisse en bénéficier.
  8. Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour inciter la production locale des masques communautaires et en obliger le port.
  9. J’invite toutes les entreprises, les sociétés, les personnes ressources, les associations de développement, la société civile et la diaspora guinéenne à s’impliquer dans ce combat contre le COVID-19 en fournissant des masques et des kits de lavage des mains aux communautés ainsi que dans les marchés afin de faciliter le respect des gestes barrières.

Mesdames et Messieurs,

Face à cette menace, je lance un appel à une « UNION SACRÉE  » de toutes les composantes de notre société à savoir : les organisations de jeunesse, des femmes, de ressortissants, des leaders religieux, des partis politiques, de la société civile et de la diaspora. Le pays est en guerre contre le COVID-19. Il revient à chacun de nous d’apporter sa contribution pour obtenir une victoire rapide contre cette maladie avant qu’elle ne commence à endeuiller notre peuple. Levez-vous comme un seul homme contre ce virus, en enterrant les différences qui nous démobilisent, et en évitant les déclarations et publications « d’intox » qui perturbent notre élan et nos choix stratégiques. 

Mesdames et Messieurs,

Peuple de Guinée, ne prenez en considération que des sources d’information provenant du gouvernement, de l’OMS, de l’ANSS et de la presse officielle. Le gouvernement s’engage à vous donner toutes les informations disponibles sur cette maladie et clarifier vos questions ou vos interrogations. Il faut que tout le monde prenne au sérieux cette maladie. Il ne faut pas avoir peur d’aller faire les tests à Donka. Très souvent les Guinéens ne croient pas et pensent que  c’est une maladie de Blancs. Nous allons montrer à la télévision, publique comme privée, les images de cette pandémie à travers le monde afin que chacun en mesure la gravité.

Que Dieu exauce nos prières et nous guide sur le chemin de la victoire rapide contre le COVID-19. Amen!

Vive la Guinée.

Le Bureau de Presse de la Présidence

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